« L’image de la formation mérite d’être redorée »

Sud-Ouest le mercredi 7 mars 2018

Au lycée Aizpurdi la sections en milieux familial et collectif a du mal à recruter.

« Ce sont des métiers qui ont mauvaise presse. Pourtant, il y a de l’emploi dans le secteur de l’aide à la personne. Dans notre région, la silver économie est déjà un vecteur de développement indéniable ».

A la tête du lycée professionnel Aizpurdi d’Hendaye, Bernard Cabos-Duhamel n’a de cesse de pointer les paradoxes qui entourent sa section « assistant technique en milieux familial et collectif », débouchant sur un CAP… et des perspectives sérieuses, qu’il s’agisse d’emploi direct ou de poursuite d’études.

Quinze places sont ouvertes chaque année, péniblement comblées avant des abandons réguliers en cours de cursus. Régulièrement attirés par les métiers de la petite enfance, les candidats rebutent plus aisément à envisager l’aide à la personne âgée : « C’est juste un souci d’image, car les premiers stages permettent souvent de changer les mentalités, reprend le proviseur. Mais cette première marche à franchir est déjà haute. Et les élèves potentiels voient la section comme un « CAP ménage ». Ce qui ne leur convient évidemment pas.

En prise avec le terrain

Au sortir d’un cours de cuisine, les élèves d’Yvette Lavigne dépeignent un tout autre tableau, elles qui du haut de leurs 16 ans, abordent le milieu professionnel avec un sérieux étonnant, mêlé  à l’insouciance de leur âge. Dans leurs propos, la description de leur formation prend une autre tournure. Beaucoup plus complète et en rapport avec besoins variés de la personne dépendante.

Raclettes en main pour rendre la cuisine dans laquelle elles viennent de passer la matinée pour suivre un cours de cuisine en milieu collectif, n’allez pas leur parler de ménage : « Il s’agit d’entretien de cadre de vie ou de l’outil de travail ».

Rayon communication et expression orale, ces lycéennes ont également un temps d’avance : « C’est la conséquence de leur formation », assure Bernard Cabos-Duhamel.

La meilleur des démonstrations pour le proviseur, qui trouve là un appui à ses propos. Et à ce rappel : l’apprentissage dispensés dans le cadre du CAP ATMFC est en prise directe avec le terrain. Ce qui est peut-être plus vrai à Hendaye qu’ailleurs. Même lorsqu’il faut faire face aux incongruités des politiques publiques.

« La Maison du jour d’Hendaye, financée par le Département, se situe à Fontarabie. Dans le cadre d’échanges transfrontaliers sur un territoire de plus de 100 000 habitants avec un vieillissement global de la population, c’est formidable. Mais alors que nous pourrions servir de laboratoire sur le thème de l’emploi transfrontalier, notamment grâce aux liens noués avec l’institut Plaiaundi d’Irun, nous faisonsface aux difficultés de financement et à l’absence de correspondance de diplômes. »

Section euro

Pour tenter de remédier à une partie du problème, le lycée Aizpurdi lancera, à la rentrée prochaine, une section euro en langue espagnole : « On ne demandera pas aux élèves un niveau exceptionnel dans cette langue. Mais ils apprendront à maîtriser et utiliser les termes techniques inhérents à leur profession, de façon fonctionnelle. » Une corde de plus à l’arc de ces jeunes. Peut-être également une chance formidable d’attirer davantage d’Hendayais vers leur lycée : « Sur un effectifs de 250 élèves, seulement six sont hendayais cette année. »