RENCONTRES :

Hier matin, le lycée professionnel Aïzpurdi organisait sa première table ronde « internationale » sur le thème de l’entrepreneuriat au féminin. Une réussite.

Eric BECQUET (Vendredi 17 avril 2015)

e.becquet@sudouest.fr

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Ana et sa fille gèrent un centre d’esthétique et de soins à Irun. PHOTO E.B.

Hier matin, à l’auditorium Antoine-d’Abbadie d’Hendaye, le lycée professionnel Aïzpurdi (formation en esthétique et coiffure) organisait sa première table ronde : « L’entrepreneuriat au féminin ». Et cette première fut riche en échanges et en parcours professionnels. Devant une salle copieusement remplie, femmes chef d’entreprises, élèves en projet ou associations se sont succédé sur l’estrade pour évoquer leurs expériences.

C’est sur un fond musical de Jean Ferrat – «la femme est l’avenir de l’homme »- que le proviseur Bernard Cabos-Duhamel a lancé le show, en s’appuyant sur deux mots clés de la matinée : « Osez » et « ambition ». « Les femmes sont moins nombreuses à entreprendre et attendent souvent plus longtemps que les hommes avant de se lancer, mais généralement, les entreprises qu’elles créent sont plus pérennes », avait expliqué en amont le proviseur.

 

L’avenir de la femme

Après une vidéo dynamique donnant la parole à des femmes créatrices, ce sont des « locales » qui ont expliqué leur parcours. Il y a d’abord eu Séverine Ibarbure, 33 ans, ancienne élève, qui a créé son salon de coiffure à Hendaye en 2012. « Si on m’avait dit à l’époque du lycée que j’allais me lancer, j’aurais dit pas du tout ! », souligne-t-elle.

On apprend au passage que 13 salons de coiffure existent dans la ville. Elle avoue avoir été poussée par son mari : l’homme pourrait-il donc aussi être l’avenir de la femme ? La psychologie avec les clients, les problèmes liés à la maternité … Elle a expliqué, et a encouragé.

 

Différence transfrontalière

Il y a aussi eu le témoignage très riche d’Ana et de sa fille Sara. Elles ont fondé un centre de soins et d’esthétique à Irun. Avec un leimotiv : cinq traitements pour 30 euros. On y apprend là les différences administratives pour la création d’entreprise. « C’est beaucoup plus facile en Espagne », soumet Sara. En particulier au niveau des charges sociales.

Deux duos de jeunes lycéennes, Alice et Rafaela, Aurélie et Cloé, chapeautées par leur professeur Vanessa Agrech, ont proposé leur étude de marché. Elles participent au concours « Créons ensemble ».

Enfin, autre riche idée de cette table ronde : la venue dee différentes associations, présentées par des femmes actives appuyant l’entrepreneuriat au féminin. Organismes souvent méconnus. Anderre Nahia, volonté de femmes, par exemple basée à Espelette, va plus loin que l’aide pratique. C’est un soutien qui se veut constant. Le centre des jeunes dirigeants (CDJ) ou encore l’asso Femmes chef d’entreprise étaient de la partie, pour des expériences tout aussi riches. Enfin, c’est Chantal Kehrig-Cottençon, responsable avec son mari d’un camping, salariée dans une entreprise de travaux public, élue à la Ville, à l’Agglo et au Département qui a conclu, montrant que tout était possible aujourd’hui.

Toutes ces dames auront fait le bonheur de plusieurs lycéennes hendayaises, dont Emilie, 16 ans et demi : »C’était très intéressant pour nous, parce que nous suivons une formation professionnelle et que nous allons devoir rentrer très vite dans la vie active. C’était super bien, très riche. Ces femmes font beaucoup de choses, je suis très surprise. » Elle ne le sera plus lors de la 2e édition, désormais indispensable.